
Le nouvel album d’Albin de la Simone s’ouvre sur une exclamation, énoncée par des choristes étranges : « Catastrophe ! »
Cette énergie et cette fantaisie définissent la tonalité d’un disque que son auteur a souhaité simple et direct, aussi bien dans l’écriture que dans la réalisation. Si Albin n’a pas renoncé à son goût pour le décalage, il s’exprime aujourd’hui de manière beaucoup plus limpide. « Il m’a été nécessaire d’accéder plus simplement aux choses. L’album a été nourri avec la notion de plaisir, et cela s’entend, j’espère. »
Pour écrire ce troisième album, Albin de la Simone s’est isolé un mois dans un bungalow sur l’île de Bali. C’est là-bas que lui est venu le gimmick de ce disque : un choeur lui donnant presque systématiquement la réplique. « Parce que j’étais seul, j’imaginais des voix féminines me répondant, me soutenant, et même se moquant de moi. Alors pour simuler provisoirement cet effet, j’ai utilisé un système de transposition numérique de ma propre voix, qui finalement s’est révélé être un élément irremplaçable sur huit des onze chansons du disque. »
Pour enregistrer cet album qu’il voulait très musical et particulièrement rythmique, Albin avait impérativement besoin de la vitalité et de la complicité des amis musiciens qui l'accompagnent sur scène depuis longtemps : Pascal Colomb (basse), Philippe Entressangle (batterie), François Lasserre (guitare) et Fabrice Colombani (percussions). Ils furent tous réunis en juillet 2007 dans le studio parisien de Marlon B (M, Spleen, Bazbaz, Sébastien Tellier, etc) qui co-réalisa BUNGALOW ! avec Albin. L’album fut enregistré en 3 séances de 5 jours puis mixé en dix jours. « Une production fluide et légère pour rester le plus près possible de mes intentions premières. »
Alors que ses deux premiers albums étaient assez intérieurs et autobiographiques, BUNGALOW ! revêt des aspects plus fictionnels. « Aujourd'hui, mes sacs sont vidés, j’ai pu m’amuser, inventer, je parle moins de moi » déclare Albin. Seule la chanson « Parle-moi » l’évoque directement à travers son rapport aux massages et au toucher. Partout ailleurs, il fait son miel d’anecdotes pour « Catastrophe », d’histoires survenues à des amis pour « Adrienne », de fiction pure pour « J’aime lire » ou d’observations pour « Sympa ». Dans « J’avais chaud », il mélange différents souvenirs (dont celui de la musique mandingue découverte quand il accompagnait Salif Keita), tandis que « Vendéen » le voit jouer avec humour sur la sonorités des chiffres. Résolument ludique, l’album s’achève sur une question métaphysique avec « Le tire-fesses », sur lequel Albin de la Simone pose la question de son appartenance au monde.
Une interrogation à laquelle BUNGALOW ! offre une solide réponse.